Il était évident pour nous tous qu'une capacité d'analyse grossière de la part de chacun suffirait à déchiffrer les erreurs de notre match de vendredi à st Laulau de Mur; Un effectif réduit par les matchs internationnaux, une attitude collective certes trop leste, certains gestes d'agacements dont l'ampleur a d'ailleurs fait palir John Mc Enroe derrière son petit écran Lsd plasma 1400 cm, et bien sûr un manque de "cohésion socialo-footbaliste" qui nous réussit toujours comme d'habitude... Pourtant après 72h sans trouver le sommeil, ne me satisfaisant guère de réponses trop vagues à "Pourquoi tant de controles ratés? ", " Qu'est ce qui m'a poussé à faire ce retourné accrobatique au milieu du terrain", "combien de ballons ai je donc pu perdre au profit d'une contre attaque adverse rondement ligaturée par le style très très peu accadémique de "Christophe "(j'ai)" Quillici" ?... Ou même encore "comment peut on admettre que nous soyons tous d'accord pour condamner la pensée unique?" (Bac philo juin 1933). Je décidais de remettre mon caleçon et de filer direction "le stade du parking" à St Laurent de Mur.
L'endroit est désert, je progresse le long de la ligne de corner, il est 4h du matin. Au lointain, les mobylettes YZ murmurrent gracieusement, tandis qu'un hibou perché sur le but de Christophe en 2ème chante "allez les verts". Ma lampe de poche (qui fait aussi briquet et bloc-notes) apparait à l'agonie, mais je n'ai pas peur, j'ai déjà fait bien pire en jaillissant d'un plongeoir de 3 mètres. Après quelques inspections de traces intéressantes subtilement découvertes sur le sol, je réalisais, un peu par hasard que celles-ci correspondaient finalement à des marques de crampons laissées la veille par la section féminine handicapée du club... Ma résignation attaquée par cette amer déception, je décidais de rentrer doucement avec en tête l'idée de regarder le résumé de Chateaublois-Rouen sur Eurosport, espèrant pourtant encore qu'un indice miraculeux m'aveugle de clarté, quand jaillit soudainement d'un des bungallows de merde un homme dont la présence ici était aussi étrange que la mienne finalement. Après 25 minutes de présentations et de précisions sur les antécédents allérgiques de son fils cadet, que d'ailleurs je n'ai pas du tout envie de connaitre, je décidai de me jeter à l'eau et lui demandais des précisions sur l'état du terrain, les conditions moyennes atmosphériques des alentours, etc... Il me raconta en mangeant un kiwi que la légende populaire évoque un terrain construit sur un vieux cimetierre indien et qu'ici, sous le point de pénalty, l'aïeul de David Ginola règnait encore de son pouvoir. Je compris alors instamment qu'il était improbable pour nous vendredi de surpasser ces forces mystiques et je me léchais les paupières à l'dée d'avoir trouvé les réponses et dans le même temps, le sommeil. Le coeur libéré désormais et l'âme en paix, je ne puis pourtant dormir, hanté par des fous rires chroniques dont le numéro de Fred à 1.64m du but était l'instigateur.